Pour consulter comme naturopathe à Bordeaux, une salle d'entretien avec un bureau et deux fauteuils suffit tant que vous travaillez en bilan et en conseils d'hygiène de vie ; une table de soin ne sert que si vous pratiquez aussi une technique manuelle. Aucun diplôme n'est exigé : la naturopathie n'est pas une profession réglementée, et la certification RNCP « Conseiller(ère) en naturopathie » est inactive depuis le 23 août 2020. En micro-entreprise, vous cotisez 25,6 % de votre chiffre d'affaires en 2026 et restez en franchise de TVA jusqu'à 37 500 € de recettes annuelles. Vous n'avez le droit ni de poser un diagnostic ni de traiter une maladie, et l'ARS Nouvelle-Aquitaine rappelle qu'un praticien non soignant ne prescrit rien et n'interfère jamais avec un traitement prescrit.

Les règles ci-dessous ont été vérifiées sur les textes officiels en octobre 2026. Une précision d'abord, si vous consultez assis, en parlant : l'article L4161-1 du code de la santé publique qualifie d'exercice illégal de la médecine le fait de prendre part, habituellement et sans être médecin, au diagnostic ou au traitement de maladies, y compris par des « consultations verbales ou écrites ». Recevoir sans table ni appareil ne vous place pas hors de ce texte.

Sans titre reconnu, comment présenter votre formation ?

La certification « Conseiller(ère) en naturopathie » (RNCP28414) affiche le statut « Inactive » sur France compétences, avec une échéance au 23 août 2020. Nous n'avons trouvé aucune autre certification de naturopathe active au RNCP en octobre 2026. La Miviludes le dit sans détour dans son rapport 2022-2024 : pratiquer la naturopathie ne demande aucun diplôme reconnu par l'État. Et selon l'ARS Nouvelle-Aquitaine, ces praticiens n'ont pas à se déclarer auprès d'elle. La profession réclame pourtant un cadre : en janvier 2023, le Syndicat des professionnels de la naturopathie a appelé l'État à créer des « titres certifiés » (Le Quotidien du médecin). À notre connaissance, aucun texte n'a suivi.

Sur votre porte et votre page de réservation, écrivez « naturopathe », votre école et la durée de votre formation, sans jamais parler de diplôme d'État. Entre octobre 2020 et septembre 2021, la DGCCRF a relevé des anomalies chez 66 % des 381 établissements de pratiques non conventionnelles contrôlés (synthèse sur sante.fr), dont des praticiens installés dans des lieux de santé sans préciser qu'ils n'étaient pas soignants, ou affichant un logo proche du caducée. Même prudence côté nutrition : la profession de diététicien est réglementée (article L4371-1 du code de la santé publique), alors que « nutritionniste », note la Miviludes, ne désigne aucune profession. Notre article sur la location d'un cabinet de diététicien décrit l'autre parcours.

Que n'avez-vous pas le droit de dire pendant un bilan ?

En décembre 2025, l'ARS Nouvelle-Aquitaine a listé ce qu'un praticien qui n'est pas professionnel de santé ne doit pas faire : usurper un titre de santé, poser un diagnostic médical, interférer avec un traitement prescrit, prescrire des médicaments, des régimes stricts, des jeûnes prolongés ou tout autre protocole thérapeutique. Vous parlez alimentation et sommeil toute la journée : un conseil écrit peut vite ressembler à un régime.

La loi du 10 mai 2024 contre les dérives sectaires a durci les sanctions. L'exercice illégal de la médecine est puni de deux ans d'emprisonnement et de 30 000 € d'amende, et de cinq ans et 75 000 € s'il passe par un service en ligne ou un support numérique (article L4161-5 du code de la santé publique). L'article 223-1-2 du code pénal punit d'un an et 30 000 € le fait de pousser une personne malade, par des pressions ou manœuvres répétées, à abandonner son traitement en lui présentant cet abandon comme bénéfique, quand il l'expose manifestement à des conséquences graves. Si elle a effectivement arrêté, la peine passe à trois ans et 45 000 €.

Dans son rapport 2022-2024, la Miviludes consacre une partie aux « dévoiements de la naturopathie » et au jeûne. Elle cite un « naturopathe » condamné le 1er juin 2023 par la cour d'appel de Paris à deux ans d'emprisonnement avec sursis, pour exercice illégal de la médecine et usurpation du titre de médecin : il avait conseillé purges, jeûnes stricts et tisanes à un patient atteint d'un cancer, mort deux ans après son diagnostic sans avoir suivi le traitement proposé.

Concrètement, notez les traitements en cours dans votre fiche de premier rendez-vous. Si quelqu'un vous annonce vouloir arrêter le sien, renvoyez-le vers son prescripteur et gardez une trace de votre réponse. Une fatigue qui dure ou un amaigrissement inexpliqué relèvent d'un médecin avant de devenir un sujet d'hygiène de vie.

Micro-entreprise, TVA, RC Pro : quel cadre en 2026 ?

Le régime micro s'applique jusqu'à 83 600 € de chiffre d'affaires annuel pour une activité libérale, avec des cotisations de 25,6 % en 2026 pour une profession non réglementée, ou 27,8 % avec le versement libératoire de l'impôt. La naturopathie ne figure pas dans la liste fermée de l'article L640-1 du code de la sécurité sociale, qui rattache notamment psychologues et ostéopathes à la Cipav : votre retraite relève du régime général, via l'Urssaf. Pour une micro-entreprise créée depuis le 1er juillet 2026, l'exonération de l'Acre tombe à 25 %, contre 50 % auparavant (décret du 6 février 2026), et se demande dans les 60 jours suivant le démarrage.

L'exonération de TVA des soins (article 261-4-1° du code général des impôts) ne vise que les professions médicales et paramédicales réglementées. La doctrine fiscale (BOI-TVA-CHAMP-30-10-20-10, § 210) cite le « naturothérapeute » et le sophrologue dans une liste non limitative de professions qui n'y ont pas droit. La franchise en base vous dispense de facturer la TVA tant que vos recettes restent sous 37 500 € l'année précédente et sous 41 250 € l'année en cours, avec la mention « TVA non applicable, article 293 B du CGI » ; le projet de seuil unique à 25 000 € a été abandonné. Contrepartie : vous ne déduisez pas la TVA de vos achats, et si le loueur facture la TVA, un loyer affiché hors taxes vous coûte 20 % de plus que le montant annoncé.

Aucun texte n'impose la responsabilité civile professionnelle à un naturopathe ; Service-Public Entreprendre rattache cette obligation à certaines professions réglementées. Un loueur de salles peut en revanche l'exiger. Vérifiez que votre contrat nomme les techniques que vous pratiquez vraiment, surtout si vous ajoutez un massage bien-être en cours de route.

Bureau et fauteuils, ou table de soin : quelle salle choisir ?

Un bilan de naturopathie se fait assis : vous questionnez, vous notez. Il vous faut un bureau assez large pour un dossier ou un ordinateur, deux fauteuils, et une place de plus quand la personne vient accompagnée, un parent avec son adolescent par exemple. La table de soin ne sert que si vous pratiquez aussi la réflexologie ou le massage bien-être, et le massage à visée thérapeutique reste réservé aux masseurs-kinésithérapeutes (notre guide pour choisir un praticien bien-être trace la frontière).

À L'Atelier190, au 190 rue Judaïque, la salle S correspond au premier cas : 20 m² aménagés en bureau d'entretien, avec un bureau, des fauteuils et un canapé, sans table de soin. Les salles O et R, de même surface, ajoutent une table au bureau et aux fauteuils, pour vos journées de pratique manuelle. Les trois se louent à la demi-journée ou à la journée, sans bail ni engagement, et la seule pièce demandée avant la première réservation est l'attestation de RC Pro. Salle d'attente, kitchenette, WiFi, climatisation et ménage sont compris. Notre guide des salles avec bureau et canapé compare les autres formules.

Vos notes de bilan sont-elles des données de santé ?

Oui, dès qu'elles parlent d'antécédents, de traitements ou de troubles. La CNIL précise que la définition s'applique quelle que soit la source : pas besoin d'être soignant pour en détenir. Ce sont des données sensibles, que le RGPD interdit de recueillir sauf exceptions, dont le consentement exprès de la personne, donné par une démarche active et de préférence écrite. Prévoyez sur votre fiche de premier rendez-vous une mention claire et une case que la personne coche elle-même : vous en garderez la trace.

Dans un cabinet partagé, ne laissez ni dossier ni note dans la salle après votre créneau. La personne suivante attend en salle d'attente, et quelques minutes entre deux rendez-vous évitent que vos clients se croisent à la porte. Avant de réserver où que ce soit, faites un essai : quelqu'un parle à voix normale dans la salle, vous écoutez depuis le couloir.

Demi-journée ou journée : comment caser un premier bilan long ?

Prenons des durées à remplacer par les vôtres et par celles du lieu que vous louez, car la durée d'une demi-journée varie d'un loueur à l'autre : un créneau de quatre heures, un premier bilan de deux heures, des suivis d'une heure. Un bilan et deux suivis la remplissent sans une minute pour finir vos notes ou aérer, deux bilans aussi. Groupez plutôt les premiers bilans sur les mêmes créneaux et placez les suivis autour.

Une demi-journée réservée se paie, pleine ou non : avec un seul client dans l'après-midi, c'est une dépense sèche. La journée se justifie quand vos deux demi-journées du même jour se remplissent régulièrement. Comparez les formules sur la page tarifs en appliquant la règle de TVA vue plus haut, puis réservez depuis la page Louer une salle.

Quand garder la consultation à distance ?

Pour un suivi court ou un client installé loin de Bordeaux, la visio ne coûte aucun loyer ; gardez la salle pour les premiers bilans. Côté vocabulaire, le code de la santé publique définit la télémédecine comme une pratique médicale à distance impliquant un professionnel médical (article L6316-1), et la téléconsultation est l'un de ses actes (article R6316-1). Sur votre site, parlez plutôt de « séance en visio ». Pour les conseils que vous publiez sur les réseaux sociaux, gardez en tête que la peine aggravée de cinq ans et 75 000 € vise justement l'exercice illégal commis en ligne.


Sources

  • France compétences, fiche RNCP28414 « Conseiller(ère) en naturopathie », francecompetences.fr.
  • Miviludes, rapport d'activité 2022-2024, miviludes.interieur.gouv.fr.
  • ARS Nouvelle-Aquitaine, « Pratiques de soins non conventionnelles (PSNC) : un complément, jamais un remplacement », 9 décembre 2025, nouvelle-aquitaine.ars.sante.fr.
  • Le Quotidien du médecin, « Un syndicat de naturopathes appelle l'État à réglementer la profession », 16 janvier 2023, lequotidiendumedecin.fr.
  • DGCCRF, « Attention aux risques des pratiques de soins non conventionnelles », 25 août 2022, sante.fr.
  • Légifrance, code de la santé publique, articles L4161-1 (version du 29 juillet 2026), L4161-5, L4371-1, L6316-1 et R6316-1 ; code pénal, article 223-1-2 ; code de la sécurité sociale, article L640-1, legifrance.gouv.fr.
  • Service-Public Entreprendre, fiches F32353, F36232, F21746 et F37365, et actualité A18795 sur l'Acre (11 février 2026), entreprendre.service-public.gouv.fr.
  • BOFiP-Impôts, BOI-TVA-CHAMP-30-10-20-10 (version du 9 avril 2025), bofip.impots.gouv.fr.
  • CNIL, « Qu'est-ce qu'une donnée de santé ? » et définition « Donnée sensible », cnil.fr.

Dernière mise à jour : octobre 2026.