Pour louer un cabinet d'hypnothérapeute à Bordeaux, cherchez une salle sans table de soin, avec un fauteuil ou un canapé où le client peut appuyer sa tête, une lumière que vous pouvez baisser, une porte que personne n'ouvre pendant la séance et une salle d'attente où deux clients ne se croisent pas. Aucun diplôme n'est exigé : le titre d'hypnothérapeute n'est pas réglementé et aucune certification d'hypnothérapeute n'est enregistrée par France compétences. L'hypnose contre la douleur ou pendant une anesthésie reste un acte médical réservé aux professionnels de santé, et poser un diagnostic ou traiter une maladie relève de l'exercice illégal de la médecine (article L4161-1 du code de la santé publique). Une salle louée à la demi-journée, sans bail, suffit pour démarrer ; le loueur peut exiger une attestation de RC Pro, que la loi n'impose pas aux hypnothérapeutes.
Pendant la visite, faites un essai avant de parler prix : asseyez-vous à la place du client et fermez les yeux deux minutes. Une porte qui claque, une conversation dans la salle d'attente : ce que vous entendez, votre client l'entendra en pleine induction. Ce qui suit vaut aussi pour l'hypnose ericksonienne et les autres thérapies brèves.
Que doit offrir une salle pour une séance d'hypnose ?
Le matériel tient en deux sièges. Le reste dépend de la pièce : votre client reste immobile, souvent les yeux fermés, pendant que vous parlez à voix basse. À vérifier sur place :
- Un canapé ou un fauteuil à dossier haut, où la tête repose sans que la nuque tire. Une chaise, même rembourrée, oblige à tenir sa tête. Restez-y vingt minutes.
- Une place pour vous, de biais, sans bureau entre le client et vous. Une pièce avec un coin bureau pour l'entretien et un coin fauteuils pour la séance vous évite de déplacer les meubles.
- Une lumière qui se baisse (lampe d'appoint, store), testée au moment de la journée où vous consulterez.
- Le bruit, dans les deux sens. Faites parler quelqu'un dans la salle porte fermée et écoutez depuis la salle d'attente : si vous distinguez les mots, ceux qui attendent les distingueront aussi.
- Personne qui entre : demandez quand passe le ménage et comment signaler que la salle est occupée.
- La climatisation, à mettre en marche pendant la visite. Son souffle peut couvrir votre voix, et un client immobile se refroidit vite : prévoyez un plaid.
- Le trajet de sortie. Quelqu'un qui vient pour une phobie n'a pas envie d'être dévisagé par le client suivant.
Une table de soin au milieu de la pièce gêne doublement : elle prend la place des fauteuils et donne à la séance une allure médicale que vous avez intérêt à éviter (on y revient plus bas).
Avez-vous le droit d'exercer l'hypnose sans diplôme d'État ?
Oui, aucun diplôme n'est requis. Le titre d'hypnothérapeute n'est protégé par aucun texte, et en octobre 2026, une recherche « hypnothérapeute » sur le site de France compétences ne renvoie aucune certification, active ou ancienne. Une demande a pourtant été faite. Dans une réponse à une question écrite publiée le 11 décembre 2018, le gouvernement explique pourquoi la certification « hypnothérapeute » n'a pas été inscrite au RNCP. Le terme peut laisser croire à un diagnostic et à un protocole de soins, les domaines revendiqués (états dépressifs, douleurs chroniques, burn-out) relèvent de la médecine, et la formation présentée durait 20 jours. La réponse cite aussi un arrêt de la Cour de cassation du 9 mars 2010 pour soutenir que l'hypnose hors cadre médical peut s'apparenter à l'exercice illégal de la médecine.
Sur votre site, « certifié » désigne donc la certification privée de votre école : donnez le nom de l'organisme et le volume d'heures. Un titre voisin, lui, est verrouillé. Pour vous dire psychothérapeute, il faut être inscrit par l'ARS au registre national des psychothérapeutes (et au RPPS), après 400 heures de psychopathologie clinique et cinq mois de stage, une formation réservée aux médecins et aux titulaires d'un master de psychologie ou de psychanalyse, rappelle l'ARS Nouvelle-Aquitaine.
Reste l'hypnose dite médicale. D'après la fiche du ministère de la Santé, l'hypnose contre la douleur ou pendant une anesthésie est un acte médical, pratiqué par les médecins, les chirurgiens-dentistes et les sages-femmes, ou par d'autres professionnels sous leur responsabilité. Sans titre de santé, l'expression « hypnose médicale » vous est interdite. La DGCCRF l'a pourtant relevée chez de nombreux hypnothérapeutes contrôlés en 2018.
Que pouvez-vous promettre à un client ?
Peu de chose, et c'est voulu. L'article L4161-1 du code de la santé publique ne nomme aucune technique : il vise le fait de prendre part habituellement au diagnostic ou au traitement de maladies, réelles ou supposées, sans être médecin. Le code de la consommation (article L121-4) répute trompeuse toute pratique commerciale qui affirme faussement qu'une prestation peut guérir une maladie. Sur cette base, la DGCCRF a contrôlé 675 praticiens de « médecines douces » en 2018, hypnothérapeutes compris, et relevé au moins un manquement chez 68 % d'entre eux. Parmi ses exemples figure la promesse « arrêter de fumer en 1h, résultat immédiat » (synthèse de l'enquête).
Les études ne vous couvrent pas davantage. Le rapport de l'Inserm de juin 2015, commandé par le ministère de la Santé, ne retient un intérêt thérapeutique probable que pour la sédation ou l'analgésie pendant un acte chirurgical et pour le syndrome du côlon irritable, et juge les données insuffisantes pour le sevrage tabagique. Vous pouvez recevoir quelqu'un qui veut arrêter de fumer. Vous ne pouvez pas lui garantir le résultat.
La Miviludes, elle, surveille une dérive précise. Dans son rapport d'activité 2022-2024, elle fait état de signalements de faux souvenirs induits mettant le plus souvent en cause des thérapeutes autoproclamés, hypnothérapeutes compris. Si votre formation vous a appris la régression, ne la présentez jamais comme un moyen de retrouver des souvenirs enfouis.
- Décrivez la séance (un entretien, puis un temps d'hypnose) plutôt que ce qu'elle guérirait, et parlez de client : la DGCCRF range « patient » parmi les termes médicaux employés abusivement.
- Demandez à chaque nouveau client s'il est suivi par un médecin pour ce qui l'amène, et ne commentez jamais son traitement : l'article 12 de la loi du 10 mai 2024 contre les dérives sectaires a créé un délit de provocation à l'abandon ou à l'abstention de soins.
- Dans un lieu partagé avec des soignants, écrivez « hypnothérapeute » en toutes lettres, sans caducée : en 2020-2021, la DGCCRF a jugé source de confusion l'installation dans des lieux de santé sans autre précision (sante.fr).
Quel statut, quelle TVA et quelle assurance en 2026 ?
La micro-entreprise reste le cadre le plus simple. En 2026, les cotisations sociales s'élèvent à 25,6 % du chiffre d'affaires encaissé pour les prestations de services en BNC, jusqu'à 83 600 € de chiffre d'affaires annuel (Urssaf). Profession libérale non réglementée, vous cotisez pour votre retraite à l'Assurance retraite, pas à la Cipav. Les démarches sont détaillées dans notre guide pour s'installer en libéral à Bordeaux.
L'hypnothérapie n'a pas l'exonération de TVA des soins : le BOFiP (BOI-TVA-CHAMP-30-10-20-10, § 210) la réserve aux professions médicales et paramédicales réglementées par le code de la santé publique. Sous 37 500 € de chiffre d'affaires l'année précédente et 41 250 € l'année en cours, la franchise en base vous dispense de la facturer, mais vous ne récupérez pas celle que vous payez, location de salle comprise. Comparez donc les offres toutes taxes comprises.
Aucune loi n'oblige un hypnothérapeute à souscrire une RC Pro, même si Service-public recommande fortement de s'assurer. Vérifiez que votre contrat nomme l'hypnose parmi les activités garanties, et faites préciser par écrit ce qui est couvert si vous l'associez à d'autres techniques.
Cabinet à vous, sous-location ou salle à la demi-journée ?
| Formule | Pour vos séances | Ce que vous cédez |
|---|---|---|
| Bail professionnel à votre nom | Une pièce réglée une fois pour toutes | Le bailleur s'engage pour six ans ; vous pouvez partir avec six mois de préavis, et les jours vides restent à payer |
| Sous-location chez un confrère | Un loyer partagé | Une pièce meublée pour son métier (table de soin s'il est kiné), un créneau qui dépend de son bail |
| Salle équipée à la demi-journée | Aucun bail, rien à payer hors créneaux | Une pièce que vous ne réglez pas, un créneau fixe à réserver tôt |
Les contrats sont détaillés dans notre article sur la location de cabinet à temps partiel, le calcul dans louer à la journée ou signer un bail. Quel que soit le prix, comptez combien de séances paient la demi-journée.
Avec une ou deux demi-journées par semaine, la salle partagée est la formule la moins risquée, à condition de trouver une pièce pensée pour la parole. À L'Atelier190, au 190 rue Judaïque, la salle S (20 m²) est aménagée en bureau d'entretien : un bureau, des fauteuils et un canapé, sans table de soin, soit les deux coins décrits plus haut. Elle se réserve à la demi-journée ou à la journée, sans bail ni engagement, et la seule pièce demandée avant la première réservation est l'attestation de RC Pro ; les prix sont sur la page tarifs. La salle d'attente fait partie des espaces communs, d'où l'intérêt des battements entre clients. Faites-y le test du bruit comme ailleurs.
Comment organiser vos séances sur une demi-journée ?
Partez de la sortie du client. La fiche du ministère cite la somnolence et les vertiges parmi les effets possibles de l'hypnose : laissez-lui le temps de retrouver ses repères avant la rue, surtout s'il conduit. Un battement d'un quart d'heure entre deux séances sert à cela, et à garder la salle d'attente vide quand quelqu'un sort les yeux rougis.
Comptez ensuite avec la durée réelle de la demi-journée, qui varie d'un loueur à l'autre. Avec des séances d'une heure et ces battements, une plage de cinq heures contient quatre séances. Si votre premier entretien dure plus longtemps, placez-le en fin de plage : un dépassement ne décalera personne. Un créneau fixe chaque semaine aide ceux qui vous recommandent ; notre article sur l'organisation de l'agenda détaille les plages tampon.
Dans une salle partagée, ni notes ni agenda ne restent sur place. En 2018, la DGCCRF a signalé à la CNIL des praticiens qui conservaient les bilans de santé de leurs clients sans protection.
Une question reste ouverte, et personne ne la tranchera pour vous : à partir de combien de clients réguliers une deuxième demi-journée se justifie. Commencez par une, et notez chaque semaine les demandes refusées faute de place.
Sources
- Assemblée nationale, question écrite n° 14617 (15e législature) sur la certification professionnelle en hypnothérapie, réponse publiée au JO du 11 décembre 2018, assemblee-nationale.fr.
- France compétences, recherche des termes « hypnothérapeute » et « hypnose » parmi les certifications enregistrées, octobre 2026, francecompetences.fr.
- Ministère chargé de la santé, « État des lieux : l'hypnose », 26 décembre 2022, sante.fr.
- Inserm, « Évaluation de l'efficacité de la pratique de l'hypnose », rapport pour la Direction générale de la santé, juin 2015, inserm.fr.
- DGCCRF, « Médecines douces ou alternatives : des insuffisances dans le respect de la réglementation », 16 décembre 2019, economie.gouv.fr.
- DGCCRF, « Attention aux risques des pratiques de soins non conventionnelles », 25 août 2022, sante.fr.
- Miviludes, rapport d'activité 2022-2024, miviludes.interieur.gouv.fr.
- Légifrance, code de la santé publique, article L4161-1, version en vigueur depuis le 29 juillet 2026, legifrance.gouv.fr.
- Ordre national des pharmaciens, « Dérives sectaires : création du délit de provocation à l'abandon ou l'abstention de soins » (article 12 de la loi n° 2024-420 du 10 mai 2024), ordre.pharmacien.fr.
- ARS Nouvelle-Aquitaine, « Psychologues, psychothérapeutes et ostéopathes en Nouvelle-Aquitaine », 23 juin 2025, nouvelle-aquitaine.ars.sante.fr.
- Urssaf, « L'essentiel du statut », autoentrepreneur.urssaf.fr ; « Exercer en tant que professionnel libéral », urssaf.fr.
- BOFiP-Impôts, BOI-TVA-CHAMP-30-10-20-10 (version du 9 avril 2025), § 210, bofip.impots.gouv.fr.
- Service-Public Entreprendre, fiches F21746 « Franchise en base de TVA », F37365 « Assurances de la société » et F39641 « Fin du bail professionnel », entreprendre.service-public.gouv.fr.
Dernière mise à jour : octobre 2026.